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Publication de la chaîne Comprendre et Agir de septembre 2019.

L’Anthropocène, pour l’Ère de l’Homme, est un terme relatif à la chronologie de la géologie proposée pour caractériser l’époque de l’histoire de la Terre qui a débuté lorsque les activités humaines ont eu un impact global significatif sur l’écosystème terrestre.

Ce terme reste très discuté, puisqu’il a des implications politiques suivant que l’on associe aux premières civilisations humaines ou au début de l’ère industrielle. Une date récente aurait comme effet de rendre critiquable l’économie capitaliste et la mondialisation.

Depuis 1810, le capitalisme industriel opère une colonisation du monde, basée sur la justification suivante : les peuples sauvages ne savent pas améliorer leur environnement. Il est donc légitime de prendre leur terre afin d’avoir un climat plus doux (c’est le cas du nord de l’Amérique).

Dès 1896 des calculs de chercheurs alertent sur le risque d’une augmentation de la température de 4 °C.

[49:20]: L’idée d’une « exploitation rationnelle du globe » émerge, mais les « bonnes » solutions pour protéger la planète s’inscrivent dans les projets coloniaux. Les théoriciens de la colonisation expliquant que les « primitifs bousillent » la nature.

C’est à cette époque que seront mises en place les politiques de conservation des forêts et de création de parcs naturelles dans en Europe et en Amérique du Nord.

Dès les années 1870, on prédit que les énergies renouvelables seront la solution et on considère déjà à l’époque que les ressources de la planète sont un bien de l’humanité. Cette idée sera largement utilisée pour justifier la période coloniale.

A-t-on vraiment pris conscience ressemant de l’impact de l’homme sur le climat ?

Cette conférence de Christophe Bonneuil intitulée « Quand les blancs voulurent conserver la planète. Une histoire du géopouvoir, 1865-1914 », donnée le 13/06/2019 à l’Inria Grenoble dans le cadre du cycle Comprendre et Agir.

Résumé :

Et si notre « conscience environnementale » planétaire contemporaine n’était pas si nouvelle que cela ?

Et si ignorer les réflexivités environnementales des sociétés du passé nous pénalisait pour envisager l’avenir des bouleversements planétaires en cours ?

Depuis un demi-millénaire, la définition des richesses, des équilibres et des limites de la Terre, de son « bon usage », durable et rationnel, est un enjeu de pouvoir.

Plutôt qu’un récit de « prise de conscience » progressive des altérations causées à la planète Terre, de récents travaux d’histoire environnementale ont mis en lumière l’ancienneté – et l’historicité – des réflexivités environnementales.

A mesure que l’Europe étendait son empire sur le monde, ses élites religieuses, politiques, économiques et savantes ont forgé des discours et des savoirs d’un « bon usage » de la Terre entière.

Un seul exemple : de Christophe Colomb au Comte de Buffon, une théorie du changement climatique à grande échelle a participé à la légitimation du projet de prise de possession européenne de l’Amérique. Après avoir esquissé les enjeux d’une telle histoire de la constitution de la Terre entière comme objet de savoir et de pouvoir, la communication mettra l’accent sur un moment particulier de ce géopouvoir, celui de l’ « âge des empires » de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle.

Bio :

Christophe Bonneuil est historien ; il est directeur de recherche au CNRS et enseigne à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS).

Christophe Bonneuil travaille sur les transformations des rapports entre environnement, savoirs et sociétés depuis le XIXe siècle.

Il dirige la collection « Anthropocène » aux éditions du Seuil sur les enjeux socio-écologiques planétaires.

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