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Le GIEC
« Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat »
  • GIEC ⇔ IPCC

    L’acronyme anglais du GIEC est l’IPCC pour « Intergovernmental Panel on Climate Change » indispensable Ă  savoir si vous souhaitez faire des recherches sur Internet sans vous limiter Ă  la langue de MoliĂšre.

Le GIEC a Ă©tĂ© crĂ©Ă© en novembre 1988, Ă  la demande du G7, par deux organismes de l’ONU : l’Organisation mĂ©tĂ©orologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

La dĂ©cision du G7 avait Ă©tĂ© prise sous la pression de Ronald Reagan et Margaret Thatcher, afin d’empĂȘcher une agence de l’ONU, soupçonnĂ©e de militantisme Ă©cologique, de mettre la main sur l’expertise climatique.

Ce sont donc des dirigeants libĂ©raux qui sont Ă  l’origine de la crĂ©ation de cet organisme et le but Ă©tait clairement de faire taire les militants Ă©cologiques.

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Il faut se remettre dans le contexte de l’époque, on n’observait pas encore le changement climatique, mais on savait que des gaz Ă  effet de serre commençaient Ă  s’accumuler dans l’atmosphĂšre. Depuis 1980, plusieurs Ă©tudes ont Ă©tĂ© lancĂ©es au niveau international. L’un des plus anciens organismes crĂ©Ă© date de 1967, le GARP (Global Atmospheric Research Program).

Le fonctionnement du changement climatique se trouvait déjà dans des textes des années 1970. Les travaux théoriques sur le climat se sont développés au début du XXe siÚcle.

Donc la question du climat n’est pas nouvelle et elle a Ă©tĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment mise sous le tapis par les dĂ©cideurs politiques, les financiers et ainsi que les journalistes.

Rappelons que Ronald Reagan (alors prĂ©sident des USA) et Margaret Thatcher (premier ministre anglais) ne sont ni des Ă©cologistes, ni des personnes avec des convictions sociales mais ont Ă©tĂ© des dirigeants conservateurs, profondĂ©ment anti-socialistes qui ont mis en Ɠuvre des politiques libĂ©rales conservatrices trĂšs dures, servant de modĂšles Ă  notre sociĂ©tĂ© actuelle.

Le GIEC a été souhaité par des personnes profondément climato-sceptique, et qui souhaitaient que leurs politiques ne soient pas mises en cause.

Au final, le GIEC a Ă©tĂ© mis en place par ceux qui aujourd’hui le contestent, puisque ses analyses n’ont pas produit les rĂ©sultats qui Ă©taient attendus.

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DĂšs le dĂ©but, la mission du GIEC Ă©tait de dĂ©terminer les Ă©lĂ©ments de consensus. Cela a suscitĂ© quelques incomprĂ©hensions, puisque la recherche consiste au contraire Ă  ĂȘtre Ă  la limite du savoir.

Ce positionnement du GIEC qui est toujours d’actualitĂ© devrait avoir l’avantage que ces analyses ne soient pas contestĂ©es, puisqu’elles sont, par construction minimalistes.

Il faut en effet bien comprendre, que les projections du GIEC sur le climat Ă©tant issues d’un consensus, il existe des analyses qui sont nettement plus pessimistes. D’ailleurs mĂȘme ce qui est mĂ©diatisĂ© est minimaliste, car dans le rapport du GIEC de 1990 on trouve des scĂ©narios Ă  +6 °C avant la fin du siĂšcle. Compte tenu du dĂ©sintĂ©rĂȘt des « personnes ayant du pouvoir » sur ce sujet, j’ai toujours Ă©tĂ© convaincu que le scĂ©nario Ă  +6 °C Ă©tait le plus probable.

  • Les mĂ©dias ne comprennent rien au GIEC


    đŸŽ€
    BFM TV [en cache] titre en septembre 2019 : « Jusqu’à 7 degrĂ©s de plus d’ici 2100 : le rĂ©chauffement climatique pourrait ĂȘtre plus fort que prĂ©vu ». En Ă©crivant ceci, alors qu’ils pensent certainement faire du « pute-Ă -clic », ils restent dans le dĂ©ni.

    Contrairement Ă  ce que dit ce titre, +7 °C n’est pas un maximum garantis : c’est l’un des scĂ©narios qui fait consensus. Il existe d’autres scĂ©narios, et si plus aucun, n’a d’issue optimiste, le fait de simplifier le message implique, qu’il sera possible de discrĂ©diter cet organisme trĂšs aisĂ©ment si ce scĂ©nario devait ne plus ĂȘtre dans le futur ĂȘtre le plus probable.

    Le travail d’information n’est pas à la hauteur.

    C’est qu’au final on peut dĂ©duire de ces articles que le GIEC ne sait pas trop ce qu’il fait, puisqu’à en croire ce qui est mĂ©diatisĂ©, il y a un an Ă  peine avant cette information, on Ă©tait sur une augmentation de la tempĂ©rature de 2 °C pour la fin du siĂšcle. En rĂ©alitĂ©, le scĂ©nario +7 °C Ă©tait dĂ©jĂ  prĂ©sent dans le premier rapport du GIEC avec une probabilitĂ© d’une chance sur dix.

    Ce type de discours délégitime les travaux des chercheurs.

🌮
Le GIEC est par nature, ni un organisme militant, ni mĂȘme un organisme Ă©cologique. Et si ce n’est pas ce qu’il ressort du message des « grands » mĂ©dias, c’est dĂ» au dĂ©calage hallucinant entre l’urgence d’un changement radical de sociĂ©tĂ© qu’impose de prendre ces analyses et l’immobilisme des dirigeants.

Le GIEC n’est pas un organisme de recherche, mais un lieu d’expertise visant Ă  synthĂ©tiser des travaux menĂ©s dans les laboratoires du monde entier, en fonction d’un problĂšme prĂ©cis, pour lequel les États, membres de l’ONU, l’ont mandatĂ©.

Par construction le GIEC n’a pas vocation Ă  rĂ©pondre Ă  des questions qui ne lui ont pas Ă©tĂ© posĂ©es.

Le GIEC n’est pas une association de personnes physiques, mais une association de pays : ses membres sont des nations, non des personnes physiques. Aucun individu – et en particulier aucun chercheur – ne peut ĂȘtre membre du GIEC « en direct » : les personnes qui siĂšgent aux assemblĂ©es du GIEC ne font que reprĂ©senter des pays membres.

En pratique, Ă  peu prĂšs tous les pays membres des Nations Unies sont membres du GIEC (deux exceptions sont Taiwan et le Vatican – comme bien d’autres personnes, je suppose, je serais intĂ©ressĂ© Ă  connaĂźtre la position du Pape sur le changement climatique !).

Le GIEC n’est pas un laboratoire de recherche, mais un organisme qui effectue une Ă©valuation et une synthĂšse des travaux de recherche menĂ©s dans les laboratoires du monde entier. En gros, le GIEC effectue une revue de presse d’un genre trĂšs particulier : il examine et synthĂ©tise ce qui s’est publiĂ© dans la littĂ©rature scientifique sur la question de l’influence de l’homme sur le climat (et par voie de consĂ©quence sur le fonctionnement du climat, avec ou sans hommes), C’est un point important, car tout chercheur travaillant dans un des domaines concernĂ©s – mĂȘme quelqu’un qui tenterait de remettre en cause l’influence de l’homme sur le climat – verra ses travaux pris en compte dans le cadre des procĂ©dures d’expertise organisĂ©es par le GIEC dĂšs lors que cela a donnĂ© lieu Ă  publication dans une revue scientifique (par contre le GIEC ne tient aucun compte, et c’est normal, de ce qui est publiĂ© dans la presse « ordinaire », sur les sites internet, etc ; seules les revues scientifiques Ă  comitĂ© de lecture ou les travaux en cours dans les laboratoires de recherche sont pris en compte).


🧐

Je crains que beaucoup pensent que le GIEC donnera des solutions clĂ©s en main lorsque ce sera le moment, mais ce n’est pas ce pourquoi le GIEC a Ă©tĂ© conçus et c’est dĂ©jĂ  trĂšs bien qu’il ait su prendre une certaine autonomie vis-Ă -vis des professionnels de la politique.


Voici ce que, par construction, le GIEC ne peut pas dire :

  • Le GIEC se limite au climat, c’est dĂ©jĂ  un sujet trĂšs vaste, cependant s’il s’agit d’identifier les risques systĂ©miques auquel est confrontĂ© le vivant, c’est dramatiquement insuffisant :
    • Le GIEC ne parlera pas des consĂ©quences que peut avoir sur le vivant la destruction d’une grande partie de la biodiversitĂ©. Et sur ce point, le mal est dĂ©jĂ  fait, les espĂšces disparues ne reviendront pas, et l’avenir de l’évolution du vivant a dĂ©finitivement Ă©tĂ© bouleversĂ© par cela.
    • La limitation des ressources et leur exploitation exponentielle n’est pas non plus un sujet pour le GIEC. Il est cependant extrĂȘmement probable que plusieurs pĂ©nuries, ayant de lourdes consĂ©quences arrivent avant qu’une partie significative de la population mondiale ne soit touchĂ©e par des effets vitaux liĂ©s au rĂ©chauffement climatique. Cependant les deux problĂ©matiques sont liĂ©es : le systĂšme marchand actuel est extrĂȘmement gourmand en ressources Ă©nergĂ©tiques et minĂ©rales.

Ce qui implique que :

  • Une sociĂ©tĂ© basĂ©e sur la concurrence ne survivra pas (la compĂ©tition entre les entreprises entraĂźnant des dĂ©penses Ă©nergĂ©tiques et de matiĂšre premiĂšres plus que nĂ©cessaires et plus vite que nĂ©cessaire),

  • Une Ă©conomie basĂ©e sur la propriĂ©tĂ© privĂ©e exclusive ne survivra pas (en particulier les brevets qui ralentissent la progression globale dans les solutions technologiques),

  • Non en 2100 la population mondiale n’atteindra le nombre 11 milliards d’individus Evolution de La population selon l’ONU, si le scĂ©nario des 7 °C est tenu il est beaucoup plus probable qu’elle soit dans une fourchette de 10 000 000 Ă  250 000 individus, rappelons qu’en 2019 nous sommes environ 7 800 000 000. Pourquoi un tel scĂ©nario ? Parce que seulement 5 °C nous sĂ©pare de la pĂ©riode glaciaire 22 000 ans en arriĂšre et que la population mondiale n’était alors que de 250 000 individus, rappelons qu’en 2019 nous sommes environs 7 800 000 000. En 2100, les trois quarts de l’humanitĂ© risquent de mourir de chaud qui comme le prĂ©cise l’article se base sur « le scĂ©nario le plus optimiste du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ». On est dĂ©jĂ  sur une division par 4 de l’humanitĂ©, si on prend au sĂ©rieux la probabilitĂ© de 10 % de « chance » du scĂ©nario +6,5 °C du GIEC on sera probablement plus dans un ordre de grandeur 1000. Aucun professionnel de la politique ne serait prĂšs dans tout autre domaine Ă  prendre un risque Ă  1 chance contre 10 d’avoir une division par 1000 de sa population. Je prĂ©cise qu’il n’est pas prĂ©cisĂ© dans le mandat du GIEC d’évaluer les effets sur la population mondiale d’un scĂ©nario Ă  +6,5 °C (projection prĂ©sente dans les rapports avec une probabilitĂ© de 10 %)

  • Non ! La technologie ne sauvera pas notre sociĂ©tĂ©. La complexitĂ© grandissante des solutions technologiques Ă  deux problĂ©matiques majeures :

    • Pas de technologie sans produire du CO2 et sans des quantitĂ©s monstrueuses d’énergie,
    • Une complexitĂ© extraordinaire nĂ©cessitant une sociĂ©tĂ© trĂšs complexe, rendant beaucoup de solutions techniques non rĂ©silientes.
  • Les professionnels de la politique ne nous sauveront pas,
    • Une sociĂ©tĂ© capitaliste et libĂ©rale oĂč tout doit ĂȘtre monĂ©tairement rentable, sans contrainte pour les entreprises ne peut pas trouver dans ces dogmes une solution allant vers une rationalisation de l’utilisation des Ă©nergies et des matiĂšres premiĂšres au niveau mondial (en tous les cas en aucun dans les dĂ©lais qui s’impose Ă  nous).
    • Une sociĂ©tĂ© mondialisĂ©e, dans la mesure oĂč elle serait souhaitable, est Ă©galement pour des raisons de dĂ©lais inatteignable.
    • Une dĂ©croissance forte est inĂ©vitable, elle se fera, par choix ou sous contraintes, cependant les consĂ©quences ne seront pas les mĂȘmes.

À ce jour, Le GIEC a, produit 5 rapports (en 1990, 1995, 2001, 2007, 2014), le 6ᔉ rapport Ă©tant prĂ©vu pour 2022. Le GIEC a Ă©galement produit 3 rapports spĂ©ciaux, qui sont une sorte de vulgarisation des rĂ©sultats sur un sujet particulier :

  • ScĂ©narios d’émissions (2000) – C’est ce rapport qui a alertĂ© la presse et permis de mĂ©diatiser le dĂ©rĂšglement climatique.

  • ConsĂ©quences d’un rĂ©chauffement planĂ©taire de 1,5 °C (2018) – c’est un rapport commandĂ© pour la confĂ©rence de Paris de 2015 qui suppose qu’on limitera les dĂ©gĂąts Ă  1,5 °C, hors compte tenu des projections des rapports prĂ©cĂ©dant, qui n’ont visiblement pas Ă©tĂ© lus par les commanditaires, il aurait fallu viser une fourchette de 2 Ă  3 °C et prendre immĂ©diatement des mesures contraignantes.

  • Changement climatique et terres (2019), ce rapport Ă  Ă©galement Ă©tĂ© commandĂ© pour la confĂ©rence de Paris de 2015, et il explique qu’au-dessus d’un rĂ©chauffement global moyen de 2 °C la sĂ©curitĂ© alimentaire mondiale est menacĂ©e.

Le GIEC est considĂ©rĂ© par les professionnels de la politique comme un lobby comme les autres, alors qu’il s’agit de conclusions d’experts nommĂ©s par ces mĂȘmes personnes.


Considération autour du déni

  • Les professionnels de la politique : le systĂšme des Ă©lections rend impossible, la prise de dĂ©cisions difficiles. Le fait que la carriĂšre de ces personnes dĂ©pende de leur rĂ©Ă©lection ne pourra leur faire prendre les dĂ©cisions qu’au dernier moment et sous un aspect autoritaire. Le traitement du COVID 19 en est une belle dĂ©monstration.

  • Les personnes plus aisĂ©es sont celles qui devraient faire les plus gros sacrifices : mais ce sont les personnes qui par leur position dĂ©tiennent le pouvoir et qui considĂšrent qu’elles font dĂ©jĂ  beaucoup d’efforts compte tenu du fait que ce sont elles qui sont, selon le systĂšme comptable actuel, les crĂ©ateurs de richesse. L’effort qu’elles estiment faire Ă©tant en fait, qu’elles pourraient, sans peine, gagner plus d’argent en Ă©tant plus extrĂȘme dans leurs positions


  • Les religions : certaines religions attendent la « fin des temps » et limiter les effets du changement climatique est vu par certain groupes comme une tentative de contrer le divin.

  • La pensĂ©e magique, le lĂącher prise : l’insoutenabilitĂ© de nos vies, Ă  travers le stress, les angoisses, l’injonction Ă  la performance, les burn-out, et autre crises sanitaires, fait que l’ĂȘtre humain souffre et cherche des issues. La pleine conscience se propose comme une solution apaisante et simple. Depuis quelques annĂ©es, cette institution bouddhiste fait l’unanimité : dans les haut-lieu des Ă©lites politiques et financiĂšres. La biologiste « Élisabeth Martens » qui Ă©tudie la mĂ©decine chinoise et auteure de plusieurs livres sur le bouddhisme et la pensĂ©e chinoise en explique le dĂ©tournement qui est fait dans son livre « La MĂ©ditation de pleine conscience. L’envers du dĂ©cor
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