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Pour compléter l'article sur l’évolution du climat sans filtre qui s’appuyait sur une conférence de 2016, voici un exposé recent, datant du 29 août 2019, à destination des étudiants de Science Po.

Toute personne qui refuse d’admettre que la décroissance est une urgente nécessité, est, de faite, un climato-sceptique.

Précis, passionné et volontiers iconoclaste par nécessité, l’ingénieur et spécialiste du climat Jean-Marc Jancovici a délivré aux étudiants de Science Po une leçon en forme de démonstration sur l’inéluctable fin de l’âge d’or énergétique.

En la matière, point de compromis possible : décarboner l’économie, c’est aussi en finir avec la course éperdue à la croissance.

Cela fait trois siècles que nous passons notre temps à remplacer des énergies renouvelables (ENR) par des énergies à stock limité (et essentiellement carbonées).

Leçon inaugurale de Jean-Marc Jancovici à Science Po le 29/08/2019

Le poids de cette vidéo a été réduit, pour diminuer sa consommation énergétique et donc les émissions de gaz à effet de serre induites, grâce à un tutoriel mis à disposition par le think tank The Shift Project : Guide pour réduire le poids d’une vidéo en 5 minutes

Jean-Marc Jancovici n’est pas tendre, ni avec les journalismes, ni avec les politiques.

Il déconstruit des méthodes de raisonnements en montrant pourquoi elles sont absurdes.

Pourquoi ? Les hommes ne sont pas des crétins : il y a une raison physique profonde à cela.

Il explique pourquoi :

L’énergie c’est ce qui a permis à l’homme d’être Superman pour de vrai

S’ensuit, chiffres et exemples à l’appui, le récit de la surpuissance que les ressources fossiles, et les machines qui les convertissent en énergie, a permis au genre humain de développer.

C’est bien simple, nous sommes 7 milliards d’êtres humains aujourd’hui, sur Terre, si on voulait produire autant de puissance qu’aujourd’hui sans machines, il faudrait que nous soyons 1400 milliards d’humains.

Des habits de Superman irrésistibles, qui ont démultiplié croissance, richesse…et émissions de CO2 dans l’atmosphère. De manière inimaginable, et irréversible :

Il avertit :

on ne pourra pas épurer le CO2 déjà relâché dans l’atmosphère, dans un siècle, il restera toujours la moitié de ce que l’on a créé jusqu’à aujourd’hui. … Nous ne sommes pas du tout en train de diminuer la consommation d’énergies fossiles. … Il n’y a jamais eu de baisse de consommation du charbon dans le monde. … Le pétrole est venu s’ajouter au charbon … Après on eut le gaz, l’hydroélectricité,

Les nouvelles énergies renouvelables représentent une partie ridicule de l’approvisionnement énergétiques et ne se sont pas substitués à d’autres d’autres formes d’énergies, elles viennent juste permettre l’augmentation de la consommation énergétique globale.

Aujourd’hui, il n’y a pas, macroscopiquement, de substitution d’énergie dans le monde.

Or aujourd’hui « Superman commence à se sentir à l’étroit dans sa combi ». Qui dit énergies non renouvelables, dit stock limité.

« Le fameux pic de pétrolier a déjà eu lieu en 2008 pour la plupart des formes de pétrole, et personne n’en a parlé », déplore Jean-Marc Jancovici, qui dénonce également « l’importance démesurée accordée au développement des énergies renouvelables dans les médias », qui en réalité représentent une « infime partie » des sources d’énergie consommées actuellement.

On ne pourra pas remplacer tout cela par des énergies renouvelables à 100 % : c’est incompatible avec le fonctionnement actuel de notre système économique

Décarboner, c’est décroître !

D’où la nécessité, d’après l’ingénieur, d’abandonner l’idée que la décarbonation de l’économie peut aller de pair avec la course au gain de PIB qui donne le là de notre système économique.

PIB ou C02, il faut choisir :

En cause, la théorie économique qui a diffusé une « vision fausse » dans laquelle les ressources naturelles ont été considérées comme « gratuites » – puisqu’il « suffisait de se baisser pour les ramasser ».

« Or, sans prix, leur destruction n’a pas de coût non plus : voilà comment le système de pensée économique se révèle incapable d’appréhender le changement en cours ».

Uniques voies pour « amortir » la décroissance nécessaire selon lui : arrêter de se focaliser sur le PIB pour mesurer notre progrès, proposer des projets qui n’ont pas besoin de la croissance pour susciter l’enthousiasme, et s’appuyer, aux côtés des énergies renouvelables, notamment sur le nucléaire qui peut « amortir la décroissance et ses conséquences néfastes ».

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